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A la découverte des peuples Wodaabe ‘’Mbororo’’ !

A la découverte des peuples Wodaabe ‘’Mbororo’’ !

Les Wodaabe (peul : Woɗaaɓe, singulier Boɗaaɗo) sont un sous-groupe du peuple peul qu’on désigne parfois sous le nom de Bororos ou Mbororos (à ne pas confondre avec les Bororos d’Amazonie), terme qui serait toutefois un terme péjoratif utilisé par les autres populations et signifiant « les bergers à l’abandon ».

Les Bororos sont traditionnellement des éleveurs nomades et des marchands, dont les migrations les mènent dans le sud du Niger, le nord du Nigeria, le nord-est du Cameroun, le sud-ouest du Tchad et les régions occidentales de la République centrafricaine. Depuis quelques années ils pénètrent également au Congo-Kinshasa, dans les régions du Bas-Uele et du Haut-Uele, frontalières de la Centrafrique et du Soudan.

Les Wodaabe du Niger sont réputés pour leur beauté (aussi bien les hommes que les femmes), leur artisanat élaboré et leurs riches cérémonies. Comparativement à d’autres populations africaines, ils ont été abondamment décrits, photographiés et filmés.

Selon les sources on observe deux termes avec plusieurs variantes ː Wodaabe (Woror’be, Wurur’be) et Bororos (Bororo’en, Bororos, Bororro, Mbororo) ainsi que Ako.

Le choix de l’ethnonyme ne fait pas l’unanimité. « Bororo ou Wodaabe. Quel terme choisir ? » ː cette question soulevée en 2007 par un quotidien suisse reflète un réel enjeu identitaire.

« Bororo » serait en effet un exonyme surtout employés par les populations environnantes, telles que les Haoussas ou les Zarmas par analogie avec le nom du zébu – la vache bororo. A ce titre, il serait perçu comme péjoratif. Toutefois, la dénomination « Wodaabe » est parfois rejetée également par ceux qui se revendiquent avant tout Mbororo.

En peul, la racine woɗa désigne un interdit, un tabou. Woɗaaɓe signifierait ainsi « le peuple du tabou », mais l’interprétation de cette expression reste débattue.

Pour le chercheur Jean Boutrais, les Woodabe seraient un sous-ensemble des Mboros.

Les incertitudes pesant sur la dénomination ne facilitent pas le dénombrement de cette population avant tout nomade. En 1983, l’écrivain et photographe Carol Beckwith estimait à 45 000 le nombre de Wodaabe du Niger.

À l’occasion de ses recherches sur le terrain au début des années 2000, Elisabeth Boesen, de l’Université du Luxembourg, évalue leur nombre à 100 000 personnes.

Les Wodaabe sont principalement musulmans. Bien que les pratiques revêtent divers degrés d’orthodoxie, la majorité adhère aux principes de base de cette religion. Certains les ont appelés musulmans « de nom » en raison d’éléments culturels non-musulmans contraires à certains préceptes de l’islam. L’islam devint une religion importante parmi les Bororo au cours du xvie siècle quand le savant El Maghili prêcha parmi les élites du nord du Nigeria. La prédication d’El Maghili amena la conversion des classes dirigeantes chez les peuples Hausa, Peuls et Touareg.

Les Wodaabe sont souvent polygames. Les mariages sont arrangés par les parents alors que les futurs époux sont encore enfants (appelés koogal). La mariée reste avec son mari jusqu’à ce qu’elle soit enceinte, retournant alors chez sa mère, où elle reste pendant 3 à 4 années. Elle donne naissance à l’enfant chez sa mère et devient alors une boofeydo ce qui signifie littéralement, « quelqu’un qui a fait une erreur ».

Fête de la Geerewol

Une fois l’an, à la fin de la saison des pluies, aux portes du désert près d’Agadez, durant les six jours et les six nuits de la Geerewol, les Wodaabe du Niger oublient dans l’ivresse de la fête qu’ils sont un peuple en sursis. Pendant toute l’année, les jeunes Wodaabe attendent la cérémonie de la Geerewol. Cette grande fête de la pluie dure six jours et six nuits. Chaque clan familial, représenté par ses plus beaux danseurs, s’affronte dans un concours de beauté pour hommes dont le jury est constitué par les plus belles filles de la tribu. La danse se termine par la séduction et des échanges amoureux. Fardés, drogués au bendore (décoction faite d’écorce noire de banohe, de gypse pilé et de lait), les danseurs arborent leurs colliers de perles et de cauris, leurs amulettes et une plume d’autruche blanche au front.

Les danseurs confectionnent eux-mêmes leur tenue. Ils passent un pagne de femme sur leur vêtement de cuir. Dans le dos pend une chaîne de cauris, le barbol, terminée par une minuscule calebasse. Ainsi, ces rudes pasteurs sont poussés par le culte de leur beauté à féminiser leur aspect. Les femmes n’échappent pas à cet élan narcissique. Les jeunes filles, parées d’innombrables bracelets, se préparent aux rites de la séduction. Après la danse, elles choisiront celui qui, pour une nuit ou pour la vie, partagera leur couche.

En plus des parures élaborées dont elles sont revêtues, les jeunes femmes Wodaabe ornent leurs jambes d’anneaux de bronze superposés et astiqués avec de la boue et du sable. Ces atours étaient, jadis, portés jusqu’au deuxième enfant. Les femmes mariées qui assistent aux cérémonies de la Geerewol font parfois preuve d’une grande liberté de choix et il leur arrive de disparaître avec un beau danseur.

Les canons de beauté sont stricts mais n’interdisent pas une certaine hardiesse dans le choix des parures, tel qu’une calebasse sur la tête ou des lunettes de soleil ultramodernes. Les Wodaabe admirent les visages ovales, les traits fins, les nez minces et longs et les dents blanches et régulières. Le danseur devra se farder longtemps. Il étale sur son visage du beurre mélangé à de l’ocre. Les yeux, les lèvres et les sourcils sont soulignés au charbon. Un trait jaune continu épouse la ligne dorsale du nez qu’il allonge.

La Geerewol est finie. Les Wodaabe quittent les zones d’abondance en quête de nouveaux pâturages. À dos d’âne, les femmes suivent les troupeaux avec un chargement complexe assurant la survie des pasteurs pendant la saison sèche. Seules les sécheresses comme dans les années 1970 font vaciller l’équilibre écologique des Bororo, qui reconstituent, petit à petit, leur cheptel anéanti. La tradition et la sagesse sont l’ossature de ce peuple courageux. Pourtant, devant tant de misère, de nombreux jeunes Wodaabe quittent la vie nomade pour les bidonvilles.

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